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Témoignage - Sophie - Dyslexique - Dysphasique

J’ai 22 ans, je viens de créer mon entreprise.

 

Je suis dysphasique, dyslexique.

 

Mon trouble a été reconnu à 7 ans par l’orthophoniste suite à des tests. Au départ, on a reconnu la dyslexie et suite a des tests plus approfondis, on a découvert la dysphasie qui n’était pas encore reconnue par les médecins.

Je suis passé par beaucoup de cabinets, beaucoup de médecins.

La petite enfance a été difficile forcément. J’ai eu un décalage de parole, je ne parlais pas jusqu’à l’âge de 3 ans. Je faisais tout par geste.

Ensuite j’ai commencé à parler mais très très mal. Un seul enfant de mon âge comprenait ce que je disais. C’était dur pour mes parents de ne pas pouvoir comprendre leur fille.

C’était très compliqué car les enseignants ne comprenaient pas. Mes parents ont essayé d’expliquer aux enseignants. Les orthophonistes aidaient beaucoup mes parents.

C’était très mal accepté à l’école. Au Cp, un prof m’a mis en quarantaine. Je n’avais pas du tout un niveau de CP. Il m’ont quand même fait passer en CE1. La prof de CE1 a dit que ce n’était pas possible car même les élèves me mettaient en quarantaine. A cet âge-là les enfants peuvent être très méchants. 

Il y a eu beaucoup d’engueulades avec les profs et mes parents. Ca a été une souffrance. Voir ses parents en pleurs en sortant de réunion, c’est très très dur. Mais on voit aussi qu’ils nous soutiennent et c’est rassurant.

Ma scolarité au primaire est un mauvais souvenir.  J’ai changé d’école au Cp et c’était pareil. En Cm2, je jouais à la balle seule et les élèves venaient me soulever ma robe. La prof ricanait sur moi devant les élèves, ça a été très dur. Je m’enfermais sur moi-même. Suite à ça, j’ai eu une dépression, une anorexie.

Je me confiais à d’autres personnes que mes parents. En 6éme, une prof a dit : "Si vous voulez tricher, ne recopiez par sur Sophie, c’est une bonne à rien." Ma maman lui a expliqué mes difficultés mais elle n’a jamais voulu écouter.

En histoire, je n’ai donc plus eu de notes, mais juste VU. Ensuite j’étais en classe de rattrapage et là, c’était plus agréable. Jusqu’en troisième, c’était très dur.

Le jour ou je suis partie en CAP, je n’ai plus eu d’ami au début. J’ai eu de la chance d’avoir eu beaucoup d’activités. Ensuite, les prof étaient mieux .

J’ai toujours eu envie de me battre et d’apprendre et montrer que je peux y arriver. Tout le monde a des difficultés dans la vie, tout le monde doit faire face à des difficultés. J’ai eu la chance de rencontrer une petite fille handicapée qui avait toujours la joie de vivre. Elle m’a donné la force de me battre.

Ensuite, j’ai fait un bac pro puis un BTS. J’ai ensuite découvert beaucoup de choses qui m’ont fait grandir. Après mon bac pro, j’ai eu un grand nombre d’amis qui m’ont aidée à prendre confiance en moi.

J’aimerais que les profs arrêtent de mettre en quarantaine les enfants qui ont des difficultés et les accepter comme ils sont. Les dyslexiques et les dysphasiques sont des personnes qui ont dû se battre et il faut les admirer plutôt que les rabaisser. 

J’aimerais surtout transmettre mon savoir-faire aux adultes mais aussi aux enfants et si possible travailler avec les enfants dans les hôpitaux et les handicapés.

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