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Témoignage - Germain - Dyslexique - Dyspraxique - Dysorthographique

 

Témoignage de Germain, dyslexique

 

Au CP, j’ai appris par cœur, des mots de manière calligraphique. Les livres du CP, je les connaissais par cœur, c’était très pratique, mais le jour où ils ont changé de livres, c’était compliqué.

J’arrive en CE1, je ne sais pas trop lire, et donc on m’envoie à l’orthophoniste. La dyslexie est reconnue comme handicap depuis 2008, et moi, ils l'ont découvert en 2007 . J'ai encore des problèmes avec les homophones grammaticaux  (les mots qui se prononcent pareil mais qui ne s’écrivent pas pareil) Avec de l’entraînement, j’arrive à écrire sans faute d’orthographe mais il faut que je sois plongé dedans. J’ai appris à lire, car j’ai consulté du CE1 jusqu’à la première une orthophoniste par une méthode détournée de l’apprentissage de la lecture.

La dyslexie n’est pas universelle pour chaque individu. Chaque individu est différent mais l’éducation nationale a une méthode de lecture peu flexible. Je ne la critique pas : pour un gamin qui n’est pas atteint de dyslexie, rien n’empêche au prof de s’adapter à ses élèves. Mais un enfant dyslexique a besoin de plus d’attention, et on va rarement trouver un prof qui va prendre le temps de s’occuper de lui. C’est pour ça que c’est important d’aller à l’orthophoniste. Les effets ne sont pas directs mais c’est ce qui va aider le dyslexique à avoir un niveau normal voir supérieur, à avoir son propre niveau. J’ai su lire en autonomie au CM2 et j'ai eu le plaisir de lire vers la cinquième. Maintenant, j’aime lire.

 

Je suis dyslexique, dysorthographique et dyspraxique.

 

Les dys arrivent à compenser par eux-mêmes. La rééducation accompagne, mais le dys fait lui-même.

 

Je suis incapable de jongler avec des balles. Faire mes lacets ? J’ai mis du temps à apprendre. Je n’arrivais pas à faire des mécanos. Je n’étais pas très manuel. Aujourd’hui, ça va un peu mieux. Je n’ai pas un talent particulier pour les travaux manuels.

 

Je préfère parler d’accompagnement que rééducation.

 

J’ai été suivi par un ergothérapeute, qui cherche des solutions pour aménager l’environnement. Par exemple, pour m’apprendre à taper sur un ordinateur. C’est un agent polyvalent du confort et de la réussite d’un individu.

 

L’orthophoniste travaille plus sur les troubles du langage, de l’orthographe.

 

Je peux écrire très bien, mais je vais être lent et cela va me demander un effort important . Donc, ce n’est pas là que je vais être le plus efficace. Quand j’écris de manière assez vite, ce n’est pas beau. C’est pour ça que j’ai eu un ordinateur en CM2 mais c’est en 6ème que j’ai vraiment commencé à l’utiliser.

 

En CE2, j’ai eu un pupitre sur mon bureau.

 

La dyslexie n’est pas un handicap mais un avantage dans certaines situations. Dans la capacité d’adaptation, par exemple.

 

J’ai été stigmatisé, ça a été dur, je suis allé voir un psychologue pour accepter ça, et cela reste un peu sensible. Quand j’étais petit, en CM2 et 6ème, j’ai eu une AVS pour m’aider à être autonome. J’ai mis une semaine entière avant d’oser sortir mon ordinateur en classe. J’ai commencé à prendre confiance en moi en 3ème, quand j’étais le plus grand au collège. A partir du lycée, c’était bon, j’ai pris confiance en moi. Le tiers temps, le correcteur d’orthographe m’ont aidé.

Des fois, ils me retiraient des questions pour gagner du temps mais cela aurait été mieux de faire le contrôle en entier. Je n’ai pas aimé le tiers point (c’est un tiers des points obtenus en plus). Ce n’est pas une aide. Une prof de math ne voulait pas m’accorder un tiers temps et a utilisé le tiers point. J’ai eu 7 de moyenne toute l’année, et quelques points en plus ne vous aident pas, et ne remplace pas le temps afin de terminer l’exercice. En histoire, j’arrivais à terminer dans les temps et le tiers point n’avait pas de sens.

 

Tout ce qui a été mis en place n’est pas automatique. Il y a eu des réunions en début d’année en partenariat avec le proviseur, etc..

 

Il y a beaucoup d’élèves qui n’ont pas assez de temps pour les contrôles et c’est un facteur de stress. Je parle juste de quelques minutes de plus...

 

Quand j’ai passé mon bac, j’ai dû cocher la case handicapé sur la fiche. Cela m'a choqué. Je ne pense pas qu’un handicapé dans un fauteuil roulant souhaite être comparé à un dyslexique.

 

Si tout le monde avait un ordinateur, on serait tous pareil et on ne vous embêterait plus avec la tenue de votre cahier.   

 

La scolarité sert à se former alors si l’ordinateur aide, je ne vois pas de problème. On pourrait trouver un panel de solutions.

 

Un conseil : essayez de vous entendre au mieux avec l’équipe éducative pour les aménagements.

 

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